Un communiqué de Djeukam Tchameni, figure politique actuellement emprisonnée, a mis le feu aux poudres entre le MANIDEM (Mouvement Africain pour la Nouvelle Indépendance et la Démocratie) et lui-même, à propos des obsèques d'Anicet Ekane, décédé en détention le 1er décembre 2025.
Dans ce communiqué daté du 5 mai 2026, Tchameni dénonce ce qu'il considère comme des manœuvres du pouvoir en place pour perturber l'hommage à Anicet Ekane. Il accuse le régime d'avoir confisqué la dépouille, pratiqué une autopsie sans la présence de la famille, et semé la discorde au sein de la famille biologique et du MANIDEM, parti dont Ekane fut le président. La source de la tension réside dans l'annonce par Tchameni de l'envoi d'une délégation de l'UPC (Union des Populations du Cameroun) aux obsèques, alors que le MANIDEM, mis à l'écart par une partie de la famille dans l'organisation du deuil, ne sera pas présent. Pour le MANIDEM, cela s'apparente à une trahison.
Tchameni, qui purge sa peine à la prison de Kondengui, a exprimé sa douleur face à la perte de son « compagnon de lutte », rencontré en détention politique en 1990. Il rappelle avoir lutté avec Ekane pendant 35 ans pour un Cameroun meilleur et avoir été arrêté avec lui le 24 octobre 2025. Malgré son absence physique aux obsèques prévues le 9 mai 2026, Tchameni a annoncé qu'il serait représenté par son épouse, Makini Tchameni, et a invité les 50 organisations membres de l'Union pour le Changement à y dépêcher des représentants.
Au-delà des funérailles officielles, Djeukam Tchameni a annoncé que l'Union pour le Changement (UPC 2025), qu'il affirme avoir cofondée avec Anicet Ekane, organisera des obsèques politiques en collaboration avec le MANIDEM, afin d'honorer la mémoire et l'héritage politique du défunt. Une manière pour lui de souligner que « les idées qu’Anicet Ekane a défendues au prix de sa vie ne seront pas portées en terre ce week-end ».
La mort d'Anicet Ekane en détention avait déjà suscité de vives réactions, l'UPC-MANIDEM dénonçant les circonstances de son décès et demandant que toute la lumière soit faite. Ekane avait été arrêté le 24 octobre 2025, au lendemain de l'élection présidentielle, en même temps que Djeukam Tchameni.